Balade à Annecy

Balade à Annecy

A l’occasion de la tentative littéraire d’épuisement d’un lieu pour les Journées Européennes du Patrimoine à Annecy :

Je choisis cet endroit tout à fait par hasard, sur un banc de pierre, à l’ombre d’un arbre. Je jette un rapide coup d’œil autour de moi : de tous les côtés la foule s’active, les voitures klaxonnent, avancent à toute vitesse, suivies de près par les bus. Toute la ville est en mouvement, mais ici, dans ce square, le temps semble s’être arrêté. Il fait un temps magnifique pour ce début d’automne, de quoi savourer encore quelques vestiges de l’été passé. Le soleil dans le dos je vois mon ombre et celles des arbres qui se reflètent sur le sol ; une petite brise entraine quelques feuilles de l’arbre sur son passage, le soleil leur donne un reflet doré. Malgré ce ciel sans nuage le temps passe inexorablement, et l’automne finira bientôt par s’installer complètement.

Je regarde à nouveau autour de moi, avec plus d’attention cette fois-ci. En face il y a un petit bassin et une fontaine accompagnés de massifs de fleurs. Un homme est assis au bord du bassin, surveillant du coin de l’œil ses deux enfants qui jouent avec toute l’insouciance du monde. Sur le banc d’à côté, à ma droite, deux amies discutent, elles se racontent probablement leur journée. L’une d’elles joue distraitement avec un pan de sa jupe, c’est un geste complètement insignifiant mais qui manifeste malgré tout son bien-être. Je la comprends, c’est agréable de passer un peu de temps ici, il semblerait que tout se déroule au ralenti.

Puis je reviens à la réalité et de l’autre côté de la rue j’aperçois une église réformée, ensuite, un peu plus à droite se trouve l’Hôtel des Alpes. Je jette un coup d’œil par-dessus mon épaule et je vois un petit édifice à l’effigie du Maréchal de Tassigny. J’aperçois également un jeune couple enlacé sur le banc derrière moi.

Je me surprends de nouveau à contempler la fontaine, c’est un endroit qui m’est peu familier et pourtant très accueillant. C’est comme si ces bancs froids invitaient les passants à faire une pause, comme un coin de nature au milieu  de cette jungle urbaine. Une fois de plus  le temps s’est arrêté, l’eau ondule dans le bassin et je ne perçois que son léger murmure. Puis je relève la tête et il est déjà l’heure de prendre mon train. Je réunis mes affaires et, en partant, mon regard s’attarde sur le couple qui se trouvait derrière moi. Ils sont beaux, ils s’aiment. Le bruit de la circulation, le temps qu’il fait, le temps qui passe…tout ça n’a aucun impact sur eux.

L.D.

Photo : Hachette